15/06/2019

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Balade à Lisbonne

Mes journées commençaient à la pastelaria,
D’où montaient des effluves de pain et de bica.
Je prenais mon petit déjeuner en terrasse,
Installé face au kiosque qui trônait sur la place.
Puis, poursuivant ma route dans le Bairro Alto,
J’allais à la casa do vinho de Porto
Déguster un nectar de vingt ou trente ans d’âge.
Je pensais à la chance d’être encore en voyage.
Je me sentais léger, flanant sous le soleil,
Contemplant le spectacle, tous mes sens en éveil,
Les gens qui s’affairaient, animant le quartier,
La ronde des taxis, la valse des tramways.
Je suivais les dédales et les nombreux passages
De cette ville colorée aux allures de village,
Descendant et montant au gré de ses collines,
De ses rumeurs chantantes à la douceur marine,
Vague à l’âme, saudade bercés par le fado,
Aventures mises en scène sur fond d’azulejo,
Histoire perpétuée par toutes les femmes en noir,
Penchées à la fenêtre du matin jusqu’au soir,
Un œil sur les gamins qui jouaient au ballon,
Les cireurs de chaussures, les vendeurs de marrons.
Je regardais les chats deviser aux balcons,
Guettant du coin de l’oeil les nuées de pigeons,
Puis, à Brasileira, saluais Pessoa
Et plongeais un regard curieux vers la Baixa,
Où j’irais, sur le tard, dans un petit bistrot,
Goûter les délicieuses pasteis de bacalhau
Avant de commencer la fiesta dans les bars,
D’où la foule débordait jusque sur les trottoirs
Et grossissait encore longtemps après minuit.
Mes journées s’allongeaient jusqu’au bout de la nuit.




M.Tran

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